Bonjour à tous,

Nous vous donnons rendez-vous à cette journée d'étude, organisée par les laboratoires d'histoire ancienne de l'université.

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Devenir femme
La fabrique du féminin dans les sociétés anciennes et modernes :
apports des recherches récentes.

L’objectif de cette journée est double :
- pédagogique, d’une part, avec une matinée permettant la participation des étudiants de L1,
inscrits dans le module « L’Antiquité au féminin » (une attention toute particulière sera donc
portée au travail sur les sources)
- scientifique, d’autre part, en promouvant des recherches récentes ou en cours, dans le cadre
d’une approche transversale, mettant en miroir sociétés anciennes et sociétés modernes.
Devenir femme, c’est-à-dire quitter son statut de jeune fille, implique souvent, dans les sociétés
anciennes et modernes, un certain nombre de rites de passage dont le plus marquant est
sans doute le mariage. Pourtant, si l’on veut suivre la complexité des mécanismes à l’oeuvre
dans cette métamorphose culturellement construite, il faut dépasser les schémas d’analyse
réducteurs et rigides. Pour saisir la façon dont différentes sociétés ont construit l’image du
féminin et pensé sa place au sein de la communauté, on a choisi de varier les points de vue
et de privilégier des regards différents et décalés – il s’agira par exemple, pour l’Antiquité,
de s’affranchir d’une vision trop athénocentrée, qui masque la diversité des situations au
sein du monde grec.

Violaine Sebillotte-Cuchet
Un anti-modèle: Artémise d'Halicarnasse.
Il s’agira de présenter notre source principale sur la reine Artémise, à savoir Hérodote, et les interprétations
qu'elle suscite, depuis les années 70-80 jusqu'à aujourd'hui, au sein de la communauté
des historiens de l'Antiquité. On verra ensuite comment cet exemple nous permet de comprendre ce
que signifie "devenir femme", donc "être une femme", pour les Anciens- en élargissant le champ d'investigation
à d'autres types de sources.

Sophie Lalanne
Qu'est-ce que devenir une femme dans le monde grec? Le roman grec comme terrain d'observation.

Soizic Croguennec
Les femmes et la bigamie dans le centre nord de la Nouvelle-Espagne au XVIIIe siècle : pour une meilleure
vie ?
Le centre-nord de la Nouvelle Espagne fournit tout au long de la période coloniale de grands espaces
de mobilité qui favorisent à leur tour la recherche d’un sort meilleur par les populations espagnoles,
métissées ou indiennes. C’est dans cet univers de Frontière que des comportements considérés
comme déviants se sont développés, comme le montrent la multiplication des procès pour bigamie
menés par l’Inquisition espagnole au XVIIIe siècle. Les femmes sont concernées à plus d’un titre,
comme épouses délaissées surtout mais aussi comme épouses qui abandonnent le foyer à la recherche
d’une vie meilleure. Dans les deux cas, c’est tout un jeu de rôle qui se met en place selon le but
recherché : affirmation et réaffirmation du statut d’épouse qui a besoin des soins de son mari pour
faire en sorte que la justice ramène l’homme volage à la maison ou encore invention d’un statut temporaire
(retour au stade de « jeune fille » ou veuvage précipité) qui permet le remariage tant que les
apparences sont maintenues.

Nahema Hanafi
"Le fruit de mes entrailles": de la maternité vécue aux représentations médicales de la féminité au
XVIIIe siècle
Au-delà du rite que constitue le mariage, c'est avant tout la maternité qui marque le passage du
corps enfantin au corps féminin au XVIIIe siècle. Cette "vocation naturelle" des femmes est placée au
centre des discours médicaux et philosophiques, deux discours éminemment masculins. Il s'agira,
par un jeu de miroir, de confronter les représentations sociales de la féminité au vécu même de ces
femmes, à travers leurs correspondances privées, leurs journaux intimes et leurs mémoires.

Contacts: adelinegc@yahoo.fr ou perenog@univ-tlse2.fr

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